Ravitaillements trail : quantités, normes et bonnes pratiques

Un ravitaillement mal dimensionné, c'est des coureurs déshydratés et des plaintes. Voici comment calculer les bonnes quantités et organiser des ravitos efficaces.

Où placer les ravitaillements ?

La règle générale : un ravitaillement liquide tous les 5 à 8 km, un ravitaillement solide tous les 10 à 15 km. Sur un trail de 25 km, prévoyez 3 à 4 points. Sur un ultra, davantage, avec des ravitaillements complets (assis) tous les 20 à 30 km.

Placez les ravitaillements à des endroits accessibles aux véhicules pour le réapprovisionnement, et après les portions difficiles (sommets, longues montées) où les coureurs en ont le plus besoin. Évitez de les placer trop près du départ ou de l'arrivée.

Quelles quantités prévoir ?

Estimations par coureur et par point de ravitaillement liquide : 50 à 70 cl d'eau, 25 à 40 cl de boisson énergétique. Pour le solide : 1 à 2 portions (banane, orange, fruits secs, gâteaux, fromage, saucisson selon la culture locale).

Multipliez par le nombre de coureurs qui passeront au point, en ajoutant 15% de marge. Attention : les premiers ravitaillements voient passer tous les coureurs groupés, les derniers en voient moins (abandons) mais ceux-ci consomment plus. Adaptez les quantités en conséquence.

Quels produits servir ?

Le grand classique du trail français : eau, boisson énergétique, coca (très apprécié sur les longues distances), bananes, oranges, fruits secs, biscuits, et sur les trails longs des produits salés (fromage, charcuterie, soupe chaude la nuit).

Pensez aux régimes spécifiques : prévoyez quelques options sans gluten et végétariennes, et signalez-les. De plus en plus de coureurs y sont attentifs, et le mentionner sur votre page course est un argument différenciant.

Les gobelets réutilisables

Depuis la loi anti-gaspillage (loi AGEC), la distribution de gobelets jetables est fortement encadrée et de nombreuses courses sont passées au gobelet réutilisable ou à l'éco-cup personnelle obligatoire.

Deux options : fournir un gobelet réutilisable dans le dossard (coût ~1€/pièce, mais à laver), ou exiger que chaque coureur porte sa propre éco-cup ou flasque (zéro déchet, tendance forte en trail). La seconde option est la plus écologique et la plus économique : mentionnez-la clairement dans le règlement.

Hygiène et sécurité alimentaire

Quelques règles d'hygiène incontournables : bénévoles aux ravitaillements avec gants ou pinces pour servir, gel hydroalcoolique à disposition, produits protégés du soleil et des insectes, eau de source ou du réseau (jamais d'eau non potable), poubelles de tri à chaque point.

Pour les courses importantes, déclarez vos ravitaillements si vous servez des denrées préparées sur place. Renseignez-vous auprès de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) de votre département.

Limiter les déchets

Les abords des ravitaillements sont les premiers générateurs de déchets sur une course. Bonnes pratiques : zones de propreté balisées sur 100 à 200 m après chaque ravito (au-delà = pénalité), poubelles de tri visibles, bénévoles chargés du ramassage, sensibilisation des coureurs dans le règlement.

Une course propre est une course qui sera réautorisée l'année suivante par les propriétaires de terrains et les collectivités. Le respect de l'environnement est devenu un critère d'autorisation.

Conclusion

Un bon ravitaillement, c'est un calcul de quantités rigoureux, des emplacements bien choisis, des produits adaptés et une gestion exemplaire des déchets. Surdimensionnez légèrement plutôt que de risquer la pénurie, et passez au réutilisable pour réduire votre impact. C'est un poste qui marque durablement l'expérience des coureurs.

Sources

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